

PAR HUBERT FÉRET
PHOTOS SAMI BELLOUMI
Elle est terriblement agacée, Véro. Elle savait pertinemment que la colère soufflant par le vent de grogne soufflant sur ce mois de mai 2008 n'aurait pas la puissance de la fameuse tempête d'il y a quarante ans, mais elle ne pensait pas non plus que les rafales et la mobilisation seraient aussi « faiblardes ». La faute à une implacable vague de fatalisme qui aurait, selon elle, emporté tout esprit de lutte et de rébellion. « Dans le collège où je travaille, les premiers concernés, ceux qui seront touchés par les onze mille suppressions de postes (en France 687 dans le Pas-de-Calais) à la rentrée prochaine, ne font même pas grève ».
Résignés ? « C'est exactement ça, déplore une infirmière du centre hospitalier d'Arras, regrettant n'avoir pu convaincre que cinq à dix de ses collègues à venir battre le pavé en ce jeudi matin. Sur le papier, tout le monde est pourtant d'accord pour se scandaliser d'une politique désastreuse au niveau de la santé et de l'éducation, et pour critiquer le fait que l'on détricote chaque jour un peu plus les droits sociaux. Mais quand il s'agit de monter au créneau... » Elle a bien conscience qu'un jour de grève, en pleine crise du pouvoir d'achat, tous les salariés ne peuvent pas se le permettre. « Mais il n'y a pourtant pas trente-six solutions pour se faire entendre... » C'est ce que pensent également les représentants des mouvements politiques - PS, PC et Verts - qui ferment la marche. Et les communistes, notamment, de croire encore et toujours en la puissance et la portée de la voix de la rue : « Le pouvoir est sourd ? On va lui déboucher les oreilles ! ». Et de poursuivre : « Notre pouvoir d'achat est en berne, avec le litre de gasoil à 1,30 E et la baguette à 0,85 E. Pendant ce temps-là, on délocalise à tout-va et on tronçonne les services publics. Et il ne faudrait rien dire ? » Notre interlocuteur cite le tract estampillé PCF, distribué le long du cortège : « On est un peu comme en 68, avec une droite arrogante et une incroyable politique de rigueur, d'austérité. Il faut faire en sorte qu'on se souvienne de mai 2008 comme on se souvient de mai 68 ». C'est pas gagné.
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VAbsents du cortège, les adhérents de FO fonctionnaires se sont rassemblés à 15 heures devant les portes de la préfecture du Pas-de-Calais.
> Ce vendredi, à 15 h 30, est programmé devant la CAF d'Arras un rassemblement, à l'appel des élus communistes, pour protester contre la réforme des allocations familiales.
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