

PAR JULIEN LECHEVESTRIER
jlechevestrier@lavoixdunord.fr Avec l'arrivée du Dr Emmanuel Mulliez, il y a trois ans, un service chirurgical de l'obésité a été créé au centre hospitalier d'Arras. « Les risques de cancers ou de maladies cardio-vasculaires étant multipliés, l'espérance de vie est réduite quand on est obèse , déclare le Dr Mulliez. Mais, pour être éligible à la chirurgie, il faut répondre à des critères bien précis. On sauve des vies, on ne fait pas de l'esthétisme ! » Sur les 18 % d'obèses dans le Nord - Pas-de-Calais (la moyenne nationale est de 11 %), seul 3 % sont concernés. « L'indice de masse corporelle (la masse en kg divisée par la taille en mètre au carré) doit être de plus de 40 ou de 35 (en cas de complications médicales) pour subir une opération », explique le Dr Séverine Andrieux.
Au CHA, une approche et un suivi pluridisicplinaire ont été mis en place. « La chirurgie de l'obésité est un binôme, remarque le Dr Mulliez. Le chirurgien ne peut rien faire sans un médecin nutritionniste. » Le Dr Andrieux tient ce rôle au CHA. Des diabétologues, un pédiatre, un médecin comportementaliste, l'équipe de l'unité de prévention d'éducation et de réadaptation complètent le service. « La chirurgie de l'obésité doit être une décision longuement mûrie et réfléchie, poursuivent les deux docteurs. Il faut comprendre ce geste et en connaître les contraintes. Elle doit être à l'initiative du patient qui, au préalable, aura rencontré des personnes ayant fait ce choix. Après l'opération, le suivi diététique et psychologique est également crucial. » Deux méthodes sont appliquées au CHA : la gastro-plastie avec la pose d'un anneau gastrique. « C'est la plus connue. Elle limite l'appétit et provoque un état de satiété rapide. Nous en posons environ une fois par semaine. » Le gastric by pass, lui, permet une perte de poids plus importante et une meilleure efficacité sur l'amélioration du diabète. « Cette intervention, nettement plus délicate, nécessite de deux à quatre heures d'opération. Elle est irréversible. Il s'agit là d'une section de l'estomac réduisant le circuit du transit. Les suites peuvent être difficiles. Le taux de mortalité est de 1 % contre 0,1 % pour l'anneau. » À Arras, la première opération de ce type a été réalisée en juin 2007. Entre dix et quinze seront effectuées chaque année.
Prochainement, une troisième chirurgie sera proposée aux patients : la sleeve gastrectomie à mi-chemin entre les deux premières. Avant l'apparition certaine d'autres futures méthodes. Pour le Dr Mulliez, « tout est encore à écrire concernant la chirurgie de l'obésité. »
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